Un hiver à Narvik, entre fjords et montagne

En train, des plateaux suédois aux fjords de Norvège

En prenant le train de Riksgränsen à Narvik, il est fortement conseillé d’être assis du côté de la fenêtre. Après avoir passé la frontière entre la Suède et la Norvège, le train quitte les hauteurs et entame une longue descente vers le niveau de la mer. Rapidement, la vue sur les fjords et les montagnes devient tout bonnement fascinante.

Le paysage change du tout au tout et les plateaux suédois laissent désormais place aux pentes accidentées de la Norvège. Le manteau neigeux baisse en même temps que l’altitude et la végétation se fait quant à elle plus dense.

Les kilomètres ne sont pas forcément nombreux mais les changements de décors sont visibles et frappants. Entre le bleu de l’eau et le blanc de la neige, on ne sait plus vraiment où regarder. Le panorama laisse rêveur. Songeur. Le temps est comme suspendu. Le doux rythme du train ajoute aussi son petit quelque chose. De la sérénité. Il apaise.

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La vue du train © Léon Fuchs

Premières images de Narvik

Arriver à Narvik en train depuis la Suède est à mes yeux la plus belle manière de faire son entrée dans la ville. De loin, on commence par la deviner plus bas, on l’imagine derrière la montagne et puis, on la découvre, pas à pas, petit à petit, au fil des virages et des instants précieux.

Une fois sur le quai, il faut seulement quelques minutes pour rejoindre le centre-ville et voir de quoi le cœur de Narvik est vraiment fait. Un port omniprésent, des paquebots internationaux, du minerai de fer tout puissant, une station de ski, des immeubles, des hôtels, des centres commerciaux, Narvik est en fait à première vue surprenante. Pas forcément charmante. Décevante ?

C’est la Norvège du Nord, c’est la Norvège arctique, mais c’est aussi la Norvège industrielle, pas la plus attirante pour les vadrouilleurs. La beauté de Narvik, qui existe tout de même, ne frappe pas au premier regard. Il faut aller plus loin, observer d’un autre œil, chercher un autre angle.

Bien plus que la porte d'entrée des Lofoten

Dans l’univers du voyage, Narvik est souvent présentée comme une ville étape. Narvik est un relai. Elle n’est pas une destination en elle-même, mais ce n’est pas pour cette raison qu’il faut toutefois la mépriser.

Narvik a quelque chose d’autre. Dure, froide, grise, elle réserve tout de même des surprises à qui sait les dénicher. Par exemple, marcher au bord et au-dessus de la mer le long des rues Terneveien, Ørnveien, Lomveien, Vassvikkaia et Strandveien est très sympathique.

En retournant au centre, faire une petite pause et pourquoi pas une petite photo devant le signe montrant les distances kilométriques avec certaines capitales mondiales n’est pas non plus à exclure. Pôle Nord, 2407. Paris, 3189. Saint Petersburg, 1363. Le contexte géographique est planté. La halle aux poissons, très proche, est probablement le meilleur endroit de la ville pour acheter des produits frais.

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Les hauteurs comme échappatoires © Léon Fuchs

Prendre de la hauteur à Narvikfjellet

Plus tard, retourner toujours plus dans les terres et grimper vers Narvikfjellet entre les chalets nordiques est aussi très plaisant. Zigzaguer entre les petites rues montantes. Ne pas glisser sur la glace. Gagner de la hauteur. Voir toujours plus loin. Rêver toujours plus grand.

De manière générale, ici, plus on grimpe, plus on est subjugué par la grandeur de l’endroit. On devine des îles au loin et on voit parfois la chaîne magique des Lofoten à l’horizon. Droit devant soi. Comme un appel. Comme une invitation. C’est comme si l’altitude nous aidait à oublier les défauts de la ville en rappelant ô combien la région demeure magnifique.

Entre coups de cœur et coups de gueule, Narvik est alors ainsi faite, intrigante, à la fois capable de déranger et de séduire. Et c’est peut-être ça, au final, qui constitue son plus grand atout. Narvik, on se souviendra d’elle de par son mystère. Narvik, on n’oubliera pas sa force de caractère.