La galerie Juhl

Située à 69 degrés Nord, sur les hauteurs du village de Kautokeino (Guovdageaidnu), la galerie Juhl est avant tout une extraordinaire aventure humaine, celle de Régine et Frank, un couple venu d’Allemagne et arrivé à Kautokeino dans les années 1950. À cette époque, aucune route n'avait encore été construite dans la région. Mais Régine et Franck s'en moquaiet. Tout ce qu'ils souhaitaient, c'était de pouvoir vivre au cœur de la nature arctique pour y puiser force et créativité artistique.

Un temple de l'artisanat local

Avec les années, le couple s'acclimate parfaitement et s’intègre dignement à la vie locale. Il collabore avec des artisans et artistes du coin et fait de son mieux pour mettre en avant un savoir-faire autochtone : le travail du fer destiné aux bijoux Sames. Des colliers, des bagues, des broches, des boucles d’oreille, des bracelets, ces merveilles uniques au monde sont encore aujourd’hui confectionnées à la main. Les locaux les portent le plus souvent pour les cérémonies importantes comme des mariages, des baptêmes ou des anniversaires, et les assortissent avec leurs vêtements traditionnels (Gákti).

Régine et Frank, bien qu'étant aujourd'hui âgés, sont toujours vus comme des pionniers. En se promenant chez eux, vous n'en doutez pas une seule seconde. Rien que le bâtiment, ayant drôlement évolué au fil des années, mérite le détour. Vous êtes ici au cœur du Sápmi (terme autochtone désignant la Laponie) mais vous êtes aussi complètement ailleurs. Dans une bulle. Une autre galaxie. Un cocon. Un nid. Au cœur d'un conte de fée. À vous de choisir, en fait.

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La galerie Juhl vue de l'extérieur © Léon Fuchs
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La galerie promeut l'artisanat Same. © Léon Fuchs

Pièces rares et souvenirs Sames

C’est une évidence, Régine et Frank vivent avant tout pour l'art. D'une pièce à l'autre, on peut tomber sur d'immenses tapis afghans fabriqués par des réfugiés ayant fui la guerre ou sur des produits équitables, engagés ou solidaires. D'une aile à l'autre, de peintures en objet d'art, on voyage, on apprend, on ressent.

Si beaucoup de pièces sont aujourd’hui destinées à la vente, d'autres trésors sont exposés pour le plaisir des yeux. Peut-être simplement comme des offrandes. Des dons. Témoins de l’histoire et de l’évolution extrêmement rapide de la région, Régine et Frank savent en tout cas rendre hommage à ce peuple Same qui les a accueillis il y a plus d’un demi-siècle.  Ainsi, il est possible d’observer des coffres en bois utilisés dans le passé par les nomades et les éleveurs de rennes, des peaux d'ours, des traîneaux, des ceintures, des couteaux, tous plus anciens les uns que les autres, et ainsi de suite. Les surprises sont innombrables.

La galerie, dont l'entrée est bien entendu gratuite, représente bien plus qu'un simple lieu d'exposition. C'est l'histoire d'une vie. De deux vies. D'une famille maintenant plus nombreuse. C'est un dévouement pour l'autre. Pour l'échange. Pour l'interculturalité. Et c'est bien pour cela qu'on y va en priorité et qu'on aime sans cesse y remettre les pieds.

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Objets traditionnels chinés en pays Same © Léon Fuchs
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Tapis tissés par des régugiés afghans © Léon Fuchs
Aller plus loin
  • Juhls Silvergallery, 9521 Kautokeino
  • Ouvert tous les jours de 9 h à 18 h, jusque 20 h en été
  • Entrée gratuite
© photo principale : Léon Fuchs © photos articles : Léon Fuchs